Archives pour la catégorie Cycle 1 – Maternelle

Activités, documents, réflexions et ressources pour la maternelle.

Jeu de langage – Jeu du pirate

Voici un jeu que j’adore : le jeu du pirate. Je m’en sers comme jeu de langage pour obliger les élèves à utiliser une structure syntaxique complexe et un vocabulaire précis. Je l’ai testé avec succès dans toutes les classes de maternelle, de la petite section à la grande section. Je suis même à peu près certain que des élèves d’élémentaire se prêteraient volontiers au jeu.

Le jeu est assez simple et pourrait s’expliquer en dix lignes, mais comme il est question de langage en maternelle, je risque de m’étendre un peu. D’ailleurs, je vous invite à ne pas zapper les notes en bas de l’article.

Jeu du pirate

Jeu préparatoire – Constituer un premier trésor de classe

Avant de pouvoir faire le jeu du pirate à proprement parler, il faut commencer à constituer un petit trésor de classe. Pour ça, je commence par un jeu avec le carton mystère (ou avec un simple sac à toucher) :

  • Je mets un objet dans le carton en m’assurant que les élèves ne me voient pas.
  • Pendant un temps de regroupement, j’invite un élève à venir toucher l’objet dans le carton (sans le sortir, ce qui n’est pas toujours évident les premières fois). Il doit garder en tête son idée et retourner s’asseoir.
  • Je fais passer plusieurs élèves à tour de rôle. Je leur répète la règle : « Rappelle-toi : il faut laisser l’objet dans le carton, bien garder ton idée en tête et rester silencieux quand tu retournes t’asseoir ».
  • Quand j’ai fait passer une dizaine d’enfants (attention aux déceptions, ils ont tous envie de faire ce jeu), j’interroge les enfants qui sont passés. Je leur demande d’utiliser la syntaxe « Je pense que c’est … »¹ pour éviter le mot phrase en enrichir leur syntaxe. S’ils n’utilisent pas la bonne syntaxe, je les reprends. En général ils ont vite compris et ça vient tout seul.
  • A la fin, on vérifie en sortant l’objet du carton (ou du sac) et on le met dans notre trésor de classe (une simple boîte en carton type boîte à chaussures).

Je commence en général par des objets de la classe. Par exemple : un bouchon de feutre rouge, un crayon à papier, une pince à linge en bois, etc. Pour que ça aille assez vite, je fais ce jeu environ deux fois par jour pendant une semaine histoire d’avoir rapidement une dizaine d’objets.

En début de jeu on essaie tous ensemble de se souvenir de ce qu’il y a dans le trésor de la classe. Là encore, on utilise une syntaxe spécifique. A la question « Qu’y a t’il dans la boîte », ils doivent me répondre « Il y a un(e) … ».

J’attends que le vocabulaire utilisé soit exactement celui que l’on a déterminé ensemble avec le carton mystère. Si on a dit « un bouchon de feutre rouge », je n’accepte pas qu’ils me répondent « Il y a un bouchon de feutre ». Bon, en fait je l’accepte mais je reprécise en répétant l’attendu. Rapidement ils utilisent formule syntaxique et vocabulaire exact.

Jeu du pirate

Quand on commence à avoir suffisamment d’objets dans notre trésor, je présente aux élèves notre ami le pirate (une image de pirate découpée et aimanté au tableau) avec quelque chose comme « Voici le terrible pirate Barbe Blanche. Il est venu me dire que ce trésor était à lui. Il veut bien nous le laisser à condition que l’on soit capable de se rappeler de tout ce qu’il y a dans le trésor. Si on se trompe, un morceau du pirate s’en va et quand le pirate est parti en entier : on a perdu. Attention, il est très susceptible, il faut dire EXACTEMENT ce qu’il y a dans le trésor et utiliser la bonne formule -Dans le trésor du pirate, je pense qu’il y a …-² sinon un morceau du pirate s’en va. ».

J’interroge un élève, et je vérifie si ce qu’il m’a annoncé est bien dans le trésor du pirate. Si l’élève a utilisé la bonne syntaxe, le vocabulaire attendu et que l’objet fait bien parti du trésor, je sors l’objet en question et le pose devant moi pour que les élèves puissent le voir. Si la syntaxe n’est pas correcte, le vocabulaire pas exact ou si, tout simplement, l’objet en question ne fait pas parti du trésor je fais partir un morceau de pirate (en général je relance l’élève sur les aspects syntaxiques en lui rappelant le début de la formule).

Si on a gagné, c’est à dire si on a réussi à lister tous les objets sans que le pirate ne soit parti en entier, on peut rajouter un autre objet. Pas de limite dans les objets, on peut mettre des choses compliquées dont on veut faire retenir le nom (j’ai déjà mis un sablier, une boussole et un économe) ou des choses similaires (un bouchon de feutre rouge et un bouchon de feutre bleu). Retour au carton mystère et au jeu précédent.

C’est un moment que j’aime bien, les élèves aussi, parce que je peux un peu faire le guignol et utiliser une pseudo voix de pirate qui parle fort. Pour le coup, il faut voir leur implication dans le jeu et éventuellement accepter un peu de bruit ou leur rappeler que le pirate n’aime pas avoir mal aux oreilles… Quand il ne reste qu’un ou deux morceaux de pirate, avant qu’ils ne répondent, je leur demande s’ils sont sûr de ce qu’ils vont dire. Ca me permet de voir les aspects de confiance en soi et leur montre que si on est sûr, et même si le maître pose la question, il ne faut pas se mettre à douter³.

Et après ?
Voici quelque chose que je n’ai jamais eu le temps de tester mais que j’essaierais de faire cette année si je reste sur mon remplacement actuel : arriver à avoir suffisamment d’objets pour qu’on ne soit plus capable de les lister tous, i.e. on perd à chaque fois, et guider les élèves vers la permanence de l’écrit i.e. on pourrait se faire une liste (en dessinant) pour être sûr de se souvenir.

Pour résumer, pas besoin de grand chose pour faire ce jeu : une boîte (type boîte à chaussure), des objets et une image de pirate à mettre au tableau. Comme image de pirate, vous pouvez prendre ce que vous voulez, j’ai trouvé la mienne sur openclipart. Une copie est disponible ici : pirate.jpg. A imprimer, découper en 5 morceaux et plastifier. Il faut ajouter un aimant autocollant sur chacune des bandes.

1 – A noter qu’on peut faire varier la syntaxe à utiliser en fonction des élèves « C’est peut-être un(e) … », « A mon avis c’est … », « J’ai l’impression que c’est … », « Je suis sûr que c’est … », etc..

2 – Ici aussi, on peut faire varier la syntaxe à utiliser en fonction des élèves « Dans le trésor du pirate il y a », « Dans le trésor du pirate, je pense qu’il y a », « … je crois qu’il y a », « … je sais qu’il y a » (et introduire avant le « si vous en êtes sûr vous pouvez me dire que vous savez qu’il y a »), etc.

3 – Imaginer un élève de cycle 3 faisant une opération simple de type 4 x 3 = 12 à qui l’enseignant demande si il est sûr que son calcul est correct… et qui va d’un seul coup répondre non parce que c’est l’enseignant qui lui a posé la question donc forcément c’est qu’il y a une erreur. Voir les histoires de contrat didactique.

Les couleurs en petite section – Les chats de couleur

Voici un jeu que j’ai prévu de faire avec des élèves de petite section pour favoriser l’apprentissage des couleurs : Les chats de couleur.

J’ai prévu de travailler sur les couleurs suivantes :

  • Blanc
  • Gris
  • Noir
  • Rouge
  • Orange
  • Jaune
  • Vert
  • Bleu
  • Violet

C’est un jeu de memory classique : les chats vont par paire, on les dispose face cachée sur la table, à tour de rôle un joueur retourne deux cartes, si c’est une paire il gagne les cartes, si les chats sont de couleurs différentes on les remet à l’envers sur la table. Dans l’idéal c’est le joueur qui nomme la couleur des chats qu’il a retourné, si l’enfant ne sait pas, c’est l’enseignant qui lui nomme la couleur.

Pour éviter de trop complexifier le jeu au départ, et ce d’autant que le memory fait appel à la mémoire et à une certaine logique qu’il ne faut pas trop espérer chez des PS, j’ai prévu de travailler au départ avec 3 ou 4 paires de chat (ce qui fait déjà 6 ou 8 cartes retournées sur la table).

Ce jeu permet de travailler :

  • La reconnaissance des couleurs en dehors du contexte langagier i.e. est-ce que l’élève arrive à voir que les deux chats sont de la même couleur sans pour autant nommer la couleur en question.
  • Le vocabulaire en émission i.e. quand l’enseignant interroge l’élève sur la couleur du chat, celui-ci est à même de nommer la couleur.

On peut aussi envisager de faire une première phase de jeu en utilisant un seul jeu de cartes, cartes visibles, où on va chercher à travailler le vocabulaire des couleurs en réception avec une consigne du type « Montre moi le chat bleu ».

Les modèles de chats sont disponibles ici : Les chats de couleur.pdf. C’est à imprimer en deux exemplaires au format A4 sur papier épais (pour éviter que le jeu ne se fasse par transparence) et à plastifier.

A noter que, pour éviter les problèmes de droits d’auteur, j’ai utilisé un modèle de chat trouvé sur openclipart.org.

La maison des nombres – Je sais compter jusqu’à

Voilà un affichage que j’avais voulu tester il y a deux ans déjà mais que je n’avais pas eu le temps de mettre en place faute de temps : La maison des nombres !

L’idée est de profiter des jeux de dénombrement, des rituels de comptage ou de moments spécifiques¹ dans la journée pour proposer à quelques élèves de « compter le plus loin que tu sais compter ».

J’ai pu tester ça avec mes élèves de MS GS l’année dernière et ça a plutôt bien fonctionné. Je pense que c’est quelque chose que je mettrai à nouveau en place si j’ai des élèves de maternelle.

Affichage - Je sais compter jusqu'à

Cette maison des nombres permet à l’enseignant de situer visuellement et globalement la progression de ses élèves dans la construction de la comptine numérique ; de voir, individuellement, quels élèves ont besoin de plus de soutien pour construire leurs savoirs dans ce domaine. Dans une moindre mesure, cela permet aussi d’éviter les (chronophages) phases d’évaluations spécifiques de mi/fin d’année : il suffit de relever sur le tableau où l’élève se situe.

En ce qui concerne les élèves, j’ai constaté une forte émulation : ils sont nombreux à vouloir « compter le plus loin possible » (surtout si un copain a fait des progrès et les a « doublés »). J’ai aussi observé des élèves « s’entraîner » individuellement ou à plusieurs.

Je craignais un peu que les élèves les moins avancés prennent cet affichage de manière négative (i.e. « je suis le dernier » plutôt que « j’ai fait des progrès par rapport à la dernière fois ») mais je n’ai pas constaté telle chose. Je pense que c’est un point sur lequel il faut être vigilant en évitant d’instaurer une compétition entre les élèves. Je procédais généralement de la manière suivante :

  • Demander à un élève de compter « le plus loin qu’il sait compter ».
  • Arrêter l’élève si il « saute » un nombre ou si son discours devient incohérent (il se met à tourner en boucle).
  • Si l’élève est allé plus loin que la dernière fois, reprendre avec les autres avec quelque chose comme : « Vous avez vu, il était à 11 et maintenant il arrive à compter jusqu’à 15. On va tous compter de 11 jusqu’à 15 (déplacer la photo de l’élève au fur et à mesure). »
  • Si l’élève est arrivé au même endroit que la fois précédente, inviter la classe à compter jusqu’à X + 1 avec quelque chose comme : « Tu as compté jusqu’à 11. Après 11, il y a 12. On va tous compter jusqu’à 12 (montrer avec le doigt la position dans le tableau). »
  • Si l’élève est arrivé moins loin que la fois précédente, inviter la classe à recompter jusqu’à X avec quelque chose comme : « La dernière fois tu étais arrivé jusqu’à 11. On va tous recompter jusqu’à 11 (montrer avec le doigt la position dans le tableau). »

Pour fabriquer la maison des nombres, il faut :

  • Un tableau des nombres de 0 à 100. Voir le lien pour mon modèle ci-dessous. A imprimer en format A3 et à plastifier.
  • Des photos des élèves plastifiées.
  • De la bande velcro adhésive (préférable à une construction à base d’aimants car cela tient beaucoup mieux et on entend tout de suite si un élève « joue » avec les photos) :
    • Découper des petits carrés, côté crochet, et les coller dans les cases de la maison des nombres.
    • Découper des petits carrés, côté velours, et les coller au dos des photos.

Voici le lien vers mon modèle²Tableau des nombres de 0 à 100 – Je sais compter jusqu’à.pdf.

[1] Pour les élèves timides qui ne veulent pas compter devant les autres (en général c’est aussi ceux qui ne veulent pas chanter, dire une poésie ou expliquer quelque chose aux copains), les temps individuels comme l’accueil sont à privilégier.

[2] J’ai prévu des emplacement pour pouvoir mettre 4 photos par case mais cela rend l’affichage assez imposant sur la hauteur. Sur la photo, on peut voir que je m’étais arrêté à 69 faute de place.

Fabriquer un carton mystère

Voilà un outil que j’utilise beaucoup en classe. C’est hyper simple à fabriquer et les élèves adorent : le carton mystère ! De manière un peu moins glamour, on pourrait appeler ça le carton à trou à manche puisque c’est ce que c’est. Je l’utilise avec mes élèves pour :

  • travailler sur les formes géométriques (discerner les formes en comptant les « pointes », en comparant la longueur des côtés, etc. pour arriver à reconnaître les formes sans les voir).
  • travailler sur les cinq sens (le toucher)
  • des jeux de langage du type : dans la boîte, je pense qu’il y a … parce que … (j’y reviendrai)
  • quand il y a besoin de tirer un objet ou une étiquette prénom au hasard pour une activité de la classe (désigner un responsable par exemple)

Carton mystère - 11

A l’usage, il suffit de placer un ou plusieurs objets dans le carton, d’inviter un élève à y plonger la main, à se saisir d’un objet et à s’exprimer sur ce qu’il a touché avant de sortir l’objet pour vérification. Il peut arriver, au début, que certains élèves aient peur de plonger la main dans le carton mystère. On peut alors leur montrer par le haut du carton le contenu de celui-ci pour dédramatiser la situation. Ceci dit, la plupart du temps, le problème est plutôt de freiner les élèves dans leur envie de sortir la main pour vérifier avec leurs yeux avant d’avoir exprimé leurs idées.

Pour fabriquer le carton mystère, il faut :

  • Un carton type carton de déménagement pour livres plutôt cubique.
  • Un couteau à dents.
  • Un morceau de feutrine ou autre tissu doux et relativement rigide.
  • Des ciseaux.
  • Une machine à coudre (ou une agrafeuse).
  • De la colle type colle blanche de bricolage.
  • Des pinces à linge.
  • De la peinture acrylique blanche.
  • Un pinceau brosse large ou, mieux, un petit rouleau.

Cliquez sur les images pour les voir en grand.

Carton mystère - 01 Prendre le carton et le mettre en forme. Coller le fond pour que le carton ne puisse plus être plié (cela évitera aussi qu’il ne laisse passer des objets par le fond).
Carton mystère - 02 Avec le couteau, faire un trou d’environ 10cm de diamètre au centre de l’une des faces.
Carton mystère - 03 Voilà ce qu’on doit obtenir.
Carton mystère - 04 Avec les ciseaux, découper un morceau de feutrine d’environ 25cm par 32cm.
Carton mystère - 05 Plier le morceau de feutrine en deux sur son côté le plus long (on obtient un rectangle de 25cm par 16cm).
Carton mystère - 06 Faire une couture sur la longueur (le côté de 25cm) pour former une manche. On peut aussi utiliser une agrafeuse pour aller plus vite mais je ne suis pas certain que la tenue dans le temps soit au top.
Carton mystère - 07 Passer la manche dans le trou du carton de manière à ce que quelques centimètres de tissus dépassent du carton.
Carton mystère - 08 Mettre de la colle autour du trou et rabattre le tissu sur la colle. S’assurer que la colle soit bien répartie sur l’ensemble du tissu.
Carton mystère - 09 Maintenir le tissu en place avec des pinces à linge jusqu’à ce que l’ensemble soit sec.
Carton mystère - 10 Peindre l’ensemble à l’acrylique blanche pour masquer les décorations et autres marques du carton.

Au final, on doit obtenir quelque chose comme ça (pour bien faire, il aurait fallu que je passe une deuxième couche de blanc). Vu de l’extérieur :

Carton mystère - 12

Vu de l’intérieur (j’ai retroussé le bout de la manche qui était un peu long, ce qui permet aussi de protéger le noeud de couture en évitant les frottements avec les petites mains) :

Carton mystère - 13

Jeu du facteur

Voici un jeu que j’ai bricolé l’année dernière : le jeu du facteur. Le but du jeu est de poster des cartes, représentant une quantité avec N dessins à compter, dans la bonne boîte aux lettres. C’est un jeu qui permet de travailler sur l’association quantité et écriture chiffrée.

C’est un travail pour un élève seul même si il m’est déjà arrivé de voir mes élèves se mettre à plusieurs et coopérer pour le terminer. Quand l’élève a terminé, il apporte ses boîtes à l’enseignant qui peut en vérifier avec lui le contenu. En termes de différenciation, on peut jouer sur (au moins) trois variables :

  • Combien on donne de boîtes aux lettres à l’élève : de 1 à 5 ou de 1 à 10 (ou plus mais je ne suis pas allé au delà).
  • Combien de cartes ont donne à trier : un seul jeu de cartes (par exemple les coeurs sur la photo ci-dessus) ou plusieurs.
  • Quels jeux de cartes ont donne : dans mes modèles de cartes il y a des dessins plus ou moins bien rangés ce qui peut faciliter / complexifier les opérations de comptage.

Pour fabriquer les cartes, il suffit de télécharger, imprimer et plastifier mes modèle ici : Jeu du facteur.pdf. A noter qu’on peu aussi utiliser les cartes pour jouer à la bataille et travailler la comparaison et le plus que / moins que.

Pour fabriquer les boîtes, il faut :

  • Des boîtes en carton
  • Des morceaux de carton pour séparer les cases
  • Un cutter et une paire de ciseaux
  • De la colle liquide (type colle blanche de bricolage) et un pinceau
  • De la peinture acrylique
  • Un marqueur ou feutre indélébile

Le plus simple pour récupérer des boîtes est de faire le tour des marchands de chaussures de la ville et de leur demander si ils ont des boîtes (taille enfant) à donner. On ne m’en a jamais refusé.

Procéder comme suit (voir l’image ci-dessous pour une idée globale de la construction) :

  • Faire des fentes dans le couvercle de la boîte avec le cutter.
  • Découper les morceaux de carton aux dimensions de la boîte (largeur et hauteur). Il est important que les morceaux de carton montent bien jusqu’au bord de la boîte pour éviter que les élèves ne puissent mélanger leurs cartes en les insérant en diagonale dans la fente. Il faut un morceau de carton de moins qu’il y a de fentes dans le couvercle (si vous avez fait 5 fentes, il faut 4 morceaux de carton).
  • Mettre les morceaux de carton dans la boîte de telle sorte qu’ils forment des compartiments en les positionnant en décalé par rapport aux fentes du couvercle. Les coller (ne pas hésiter à mettre beaucoup de colle).
  • Une fois la colle sèche, peindre la boîte et son couvercle. Il faudra probablement plusieurs couches de peinture pour masquer complètement les écrits publicitaire de la boîte d’origine.
  • Au marqueur, écrire les chiffres en face des fentes de nos boîtes aux lettres.

L’arbre des 4 saisons

Voilà un travail que j’ai mené toute l’année et terminé il y a quelques jours seulement (été oblige) : l’arbre des 4 saisons ou plutôt les 4 saisons de l’arbre.

A chaque changement de saison j’ai demandé aux élèves d’observer les arbres de la cour et les plantes du voisinage, de noter la présence de feuillage ou pas, de fleurs ou de fruits (nous avons un mûrier platane dans la cour qui donne des fruits courant juin ce qui permet d’observer les fruits sur l’arbre… ce qui est probablement le plus compliqué à observer in situ). L’idée est d’amener les élèves à prendre conscience de leur environnement proche d’une part, à percevoir les caractéristiques des 4 saisons et le cycle de vie des plantes d’autre part.

03 - printemps 04 - été
01 - automne 02 - hiver

Pour la réalisation, l’adulte commence par coller le nom de la saison en bas de la feuille (voir mon modèle Les 4 saisons – lettres creuses.pdf à imprimer en A3). Ensuite, et c’est toujours un travail d’adulte pour garder une ressemblance d’une saison à l’autre, on trace un arbre sur la feuille avant de pouvoir faire travailler les élèves en petits groupes. Il leur reste à réaliser :

  • le tronc de l’arbre à la gouache
  • le ciel à la gouache
  • le sol
  • les contours de l’arbre à l’encre de chine
  • les autres éléments (feuilles, flocons de neige, fruits)

En termes d’outils je trouve que l’éponge tamponnée donne de bons résultats avec la gouache (voir l’image de l’automne ci-dessous pour le tronc de l’arbre, toutes les autres images pour le ciel) mais c’est un peu au ressenti de chacun. En termes de matières et techniques, on a utilisé :

  • du papier crépon (il y en avait des stocks dans la classe) pour les feuilles ou l’herbe
  • de la gouache avec des empreintes de bouchon pour les fleurs du printemps
  • de la peinture acrylique pour avoir des fruits brillants en été
  • des morceaux de feuilles ramassées dans la cour pour le mot automne
  • mis des feuilles de la cour au dos de notre feuille et fait l’empreinte des nervures en frottant des craies grasses (la craie se dépose en fonction du « relief » de la feuille)
  • du coton pour les flocons de l’hiver

Pour la papier, je n’ai pas précisé mais j’utilise deux feuilles grand format en papier épais collées ensemble pour avoir une très grande surface (supérieure au mètre sur la hauteur).

Jeux de l’oie de l’alphabet

Ma copine Sophie m’a prêté des jeux de l’oie pour travailler sur la lecture des nombres avec mes grands. Ca leur a tellement plu que j’ai prévu de bricoler des jeux de l’oie pour d’autres domaines. J’ai attaqué avec l’alphabet et ai fait 4 plateaux :

  • Majuscule
  • Script minuscule
  • Cursive
  • Les trois systèmes mélangés

Jeu de l'oie Alphabet

Règles du jeu : Chaque enfant reçoit un pion puis, à tour de rôle, ils lancent le dé et avancent du nombre de cases indiquées par le dé. L’enfant doit dire le nom de la lettre sur sa case d’arrivée. Si il donne le bon nom il gagne un point (on peut leur donner des jetons mais ils ont tendance à jouer avec, il vaut mieux qu’un « arbitre » adulte note les points sur une feuille). Quand un enfant est arrivé, on compte les points de chacun.

On peut envisager, pour les élèves qui seraient déjà bien à l’aise avec les lettres, de donner non pas le nom de la lettre sur la case d’arrivée mais le nom de toutes les lettres rencontrées jusqu’à la case cible. Ceci dit, « avancer de X cases et lire la lettre à chaque fois » complexifie peut-être trop la tâche dans la mesure où l’enfant va devoir interrompre son travail de comptage, garder en mémoire de combien il a avancé par rapport à sa cible (le dé), lire une lettre et reprendre son travail de comptage… Attention à ne pas renforcer la confusion nombre+chiffre / lettre que beaucoup ont déjà tendance à faire.

C’est là : Jeu de l’oie alphabet.pdf

A imprimer recto/verso sur du papier A3 épais puis à plastifier pour rigidifier l’ensemble.

Poissons d’avril

Voici un article un peu en décalé mais qui pourra resservir l’année prochaine (ou pas). Début avril, j’ai fait travailler mes élèves sur le dessin du poisson i.e. arriver, en décrivant toutes les étapes nécessaires, à dessiner un poisson d’avril. L’idée est d’amener les élèves à prendre conscience qu’un dessin d’apparence complexe peut se faire avec plusieurs étapes simples. Dans le cas du poisson nous avons travaillé en 6 étapes :

  • Tracer une boucle pour faire le corps du poisson.
  • Fermer la figure pour former la queue.
  • Dessiner la tête, l’oeil et la bouche.
  • Ajouter les nageoires.
  • Tracer des ponts pour dessiner les écailles. Il est peut-être plus facile de tourner la feuille.
  • Tracer des lignes horizontales pour la queue et des obliques sur les nageoires.

Après leur avoir montré plusieurs fois au tableau, je leur ai proposé une affiche (voir les fichiers en attachement) qui retrace les étapes nécessaires et leur ai demandé de s’entraîner sur papier. Quand ils étaient sûrs d’eux, je leur ai demandé de me faire une famille de poissons en travaillant au crayon, repassé au feutre noir sur papier rouge. A noter que le découpage des poissons n’est pas simple, ils sont nombreux à « aller tout droit » quand ils arrivent au niveau de la queue et on se retrouve avec des poissons sans queue. J’ai du y revenir plusieurs fois en regroupement, leur montrer que « si on va tout droit, la queue tombe » et donc « quand on arrive au niveau de la queue, il faut tourner ses ciseaux ».

Ensuite nous avons peint un fond à la gouache en utilisant des vagues et deux couleurs. Il faut travailler avec un pinceau assez large et orienter les élèves pour qu’ils ne fassent pas des vagues trop serrées qui ont tendance à se transformer en dents de scie. On ajoute des algues, découpées dans du canson passé à l’encre verte avant de coller nos familles de poissons.

J’en aussi profité pour faire un travail sur fiche avec des images séquentielles, sur le dessin du poisson, à remettre dans l’ordre. Je différencie le nombre d’images pour les moyens (4 images) et les grands (6 images).

C’est un peu gâche papier quand on voit la place que ça prend sur la feuille mais ça m’a permis de renforcer le travail sur les images séquentielles qui est encore compliqué pour beaucoup d’entre eux.

Les fichiers sont là :

Mise à jour: J’ai modifié le fichier des images séquentielles pour avoir une lecture gauche droite avec une symbolique feu vert / feu rouge comme sur mes autres fiches.

Correspondance majuscule minuscule sur les mots du cirque

Avec mes grands j’ai travaillé sur la correspondance lettres majuscules et minuscules. Nous avons d’abord observé l’alphabet pour essayer de repérer quels lettres se ressemblaient beaucoup dans les deux écritures. Ils ont repéré les lettres c, i, j, k, o, p, s, u, v, w, x, z. Nous avons construit un affichage avec les lettres similaires mises en avant pour « qu’on les retrouve facilement ».

Dans un deuxième temps, pour qu’ils se familiarise avec les autres lettres, je les ai fait travailler sur les mots du cirque (notre thème pour l’année) avec des lettres en plastique à poser sur une réglette.

Correspondance majuscule - minuscule les mots du cirque

Pour qu’ils puissent travailler en autonomie, les fiches sont recto-verso avec la solution au dos. Pour s’aider, ils peuvent utiliser l’alphabet trois écritures affiché au tableau, le tableau des lettres que nous avons construit ensemble et… ils peuvent « tricher » (je n’utilise pas ce terme avec mes élèves) i.e. ils ont le droit de retourner la carte pour s’aider de la solution. Ils utilisent un « cahier de progrès » pour marquer leur avancement en tamponnant les mots qu’ils ont déjà fait. Cela leur permet de choisir sur quels mots ils vont travailler et à quel rythme.

De manière générale sur les ateliers avec « cahier de progrès » (sachant que « fiche contrat » serait un terme plus adapté dans la mesure où cette fiche ne marque pas un progrès mais une progression, mais bon, le propos n’est pas là), je constate que :

  • L’élève choisi dans quel ordre il va travailler. Un élève peut préférer travailler sur un mot qui nous paraît complexe car le mot lui « parle », et s’y donner plus à fond.
  • L’élève visualise la quantité de travail à fournir pour arriver au bout de l’atelier (qui sera proposé plusieurs fois). J’observe régulièrement des élèves qui, proches de la fin, mettent un coup en plus « pour terminer ».
  • L’utilisation de matériel en manipulation évite les photocopies et les manutentions hasardeuses de découpage / collage de puzzle de lettres par les élèves qui peuvent se retrouver, par exemple, à avoir collé une lettre à l’envers et se sentir coincés même s’ils ont vu leurs erreurs.
  • Sur le plan organisation de la classe, cela permet d’avoir un atelier qui va s’étaler sur plusieurs jours, éventuellement plusieurs semaines suivant ce qui y est fait.

Sur le plan négatif :

  • Certains élèves vont avoir fini tout les mots en une séance quand il en faudra quatre ou cinq pour d’autres qui, soit travaillent lentement, soit s’arrêtent dès qu’ils ont fait un mot (et s’en contentent parfaitement). Il faut donc avoir des ateliers d’avance pour les élèves qui ont terminé et arriver à dégager du temps pour aider les élèves qui avancent moins vite sur un atelier qui devrait être en autonomie.
  • Certains élèves grugent et tamponnent plus de mots qu’ils n’en font réellement. Ils ne sont en général pas très discrets et viennent me voir au bout de deux minutes : « Maître j’ai fini ! »

C’est là :

Les fiches sont à imprimer en recto/verso, à massicoter au milieu et à plastifier. J’ai ajouté une fiche d’évaluation de type « puzzle de lettres » où il leur faut coller les lettres minuscules sous le modèle en majuscule.

Fabriquer un sténopé pour observer l’éclipse du 20 mars

Voici les étapes pour fabriquer un sténopé en 2 minutes chrono. L’idée du sténopé est de laisser entrer la lumière (celle du soleil en ce qui concerne le 20 mars) par un petit trou à l’entrée d’une boîte et d’observer l’image projetée sur un écran au fond de la boîte. On n’est donc plus en observation directe du soleil mais en observation projetée, ce qui évite les risques liés à l’observation du soleil sans éléments de protection adaptés.

Edit : Pour précision, on ne cherche pas à faire un alignement soleil – sténopé – oeil comme si on utilisait une longue vue… Cela reviendrait à une observation directe du soleil avec une mauvaise protection. Il faut observer l’image du soleil formée sur l’écran.

Pour fabriquer ce sténopé, il faut :

  • Une boîte de Pringles (ou similaire)
  • Du papier cuisson
  • Un morceau de papier canson noir
  • Une aiguille
  • Du scotch
  • Une paire de ciseaux

Fabriquer un sténopé - 1

Les étapes :

  • Avec l’aiguille, faire un petit trou dans le fond de la boîte (côté métal). Il faut pas mal forcer pour traverser le fond métallique donc pensez à prendre quelque chose de dur pour appuyer. Vous venez de faire l’objectif de votre sténopé.
  • Découpez un morceau de papier cuisson et coincez-le avec le couvercle transparent de la boîte. Vous venez de faire l’écran de votre sténopé.
  • En théorie c’est fini mais, pour plus de confort d’observation, vous pouvez entourer la boîte avec du canson noir pour protéger l’écran de la lumière extérieure qui diminuerait le contraste de l’image projetée. L’idéal étant de se cacher derrière un rideau ou autre paroi opaque et de ne laisser dépasser que l’avant du sténopé.

Voilà !

Fabriquer un sténopé - 2 Fabriquer un sténopé - 3 Fabriquer un sténopé - 4

Je ne suis pas certain de le faire avec mes élèves car, avec les enfants de maternelle, le risque est grand qu’ils se mettent à regarder avec le sténopé et en dehors du sténopé pour « voir la différence » et ce, même si on a parlé en classe des risques liés à l’observation du soleil directement. A dire vrai, je suis plutôt certain de ne pas le faire.

Par contre, je vais sûrement en bricoler un deuxième avec mes filles pour le fun. A voir également si ce format convient à l’observation d’une bougie pour voir que le sténopé inverse l’image… On essaiera sûrement ça un de ces soirs.

Fabriquer un sténopé - 5