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Débuter en écriture cursive sur lignage feu / terre / herbe / ciel

Il y a deux ans lors d’une réunion cycle 1 / cycle 2, des collègues nous avaient parlé du lignage feu / terre / herbe / ciel – rouge / marron / vert / bleu pour débuter en cursive. J’ai commencé avec des affichages trouvés de-ci de-là (liens plus bas) avant de faire des choses de mon côté. Je vous mets ce que j’ai fait et mes quelques réflexions sur le sujet en espérant que cela puisse servir.

alphabet - lignage terre-herbe-ciel


Pourquoi / comment ce lignage ?

Ce lignage est utilisé utilisé pour aider les enfants dyspraxiques. Je ne connais que peu le sujet des dys, mais j’imagine que dans ce cas l’interêt est qu’il est facile de verbaliser le tracé de la lettre : « je fais une boucle qui monte jusqu’à la ligne du ciel et qui redescend sur terre » étant plus parlant que « je fais une boucle qui monte à la troisième petite ligne et qui redescend sur la ligne rouge ». On a aussi une certaine forme de logique puisque les lettres ont globalement les pieds sur la ligne de terre. C’est de ce dernier point que je pars pour introduire l’image feu / terre / herbe / ciel et les lignes rouge / marron / vert / bleu, auprès des élèves en travaillant l’observation, le regroupement des lettres en famille :

  • Ligne de terre / ligne marron : La plupart des lettres ont les pieds sur terre.
  • Ligne verte / ligne de l’herbe : Toutes les lettres ne font pas la même taille, il y a des lettres qui sont plus petites que d’autres. Certaines ne sont pas assez grandes pour dépasser de l’herbe.
  • Ligne de ciel / ligne bleue : Certaines lettres vont monter vers le ciel. Certaines jusqu’en haut comme le l, d’autres à mi chemin comme le d.
  • Ligne de feu / ligne rouge : D’autres lettres descendent dans la terre comme le p.

Avec les plus jeunes élèves, je n’utilise pas la dénomination ligne de feu, car la perspective d’avoir du feu sous nos pieds peut être très anxiogène. Je me contente alors de parler de la ligne rouge.


Affichage(s) pour la classe

J’ai beaucoup utilisé l’alphabet qu’on trouve sur la classe de Mme figaro qui présente les lettres en écriture cursive sur un fond terre / herbe / ciel avant de créer le mien. Mon idée de départ était d’augmenter la lisibilité en mettant les lettres sur fond blanc (l’image terre/herbe/ciel est sur la gauche, les lignes se prolongeant vers la droite). J’en ai profité pour m’affranchir de la police « cursive standard » qui pose un certain nombre de problèmes. En effet, une police d’écriture est faite pour que toute lettre puisse être attachée à toute autre lettre. On se retrouve donc globalement avec des lettres qui partent entre deux interlignes pour arriver entre deux interlignes*. Or quand on écrit à la main, on adapte le tracé d’une lettre en fonction de ce qui précède et de ce qui suit (penser au tracé de la lettre e qui change entre « be » et « en » ou au tracé du n qui est modifié entre « en » et « on » parce qu’attaché une fois en bas avec le e et une fois en haut avec le o). Pour le tracé de mes lettres, je n’ai pas utilisé de police de caractères mais tracé les lettres à la main en utilisant des courbes en essayant de me mettre au plus près d’une écriture cursive manuelle lettre à lettre.

J’ai aussi prévu un affichage vierge avec l’image terre / herbe / ciel, la même image avec le lignage rouge / marron / vert / bleu par dessus et une dernière image avec une bande sur la gauche et les lignes qui se prolongent vers la droite.

Les fichiers sont disponibles ici, à imprimer (en deux pages par feuilles, je trouve ça pratique) et plastifier :

affichage - lignage terre herbe ciel affichage – lignage terre herbe ciel.pdf
affichage - alphabet cursive - lignage terre herbe ciel - a affichage – alphabet cursive – lignage terre herbe ciel.pdf

A noter que l’image terre / herbe / ciel que j’utilise ici est un assemblage, réalisé par mes soins, d’images libres de droits trouvées sur wikimedia.

* C’est plus ou moins vrai avec les dernières versions de nos traitements de textes qui permettent les variantes contextuelles (i.e. une lettre est perçue en fonction de la précédente et de la suivante). Plus d’informations sur le site de Danièle Dumont et dans cette vidéo.


Feuilles pour l’écriture

Pour l’écriture à proprement parler, j’utilise des feuilles avec le lignage qui va bien glissées dans des pochettes plastiques pour que les élèves puissent travailler au feutre effaçable. Au départ, j’ai utilisé le générateur de feuilles que l’on trouve sur le site desmoulins.fr puis j’ai homogénéisé avec les affichages de la classe i.e. une feuille avec un bandeau image terre / herbe / ciel sur la gauche et des lignes qui se prolongent vers la droite. C’est le principe que vous avez dû trouver dans les quelques fiches d’écriture que j’ai déjà mis en ligne (bonne année et bonne fête maman / bonne fête papa).

Le fichier est disponible ci-dessous, vous trouverez dedans une page avec 4 lignes et une deuxième à 5 lignes. Comme dit plus haut, on peut les utiliser glissées dans une pochette plastique avec un feutre effaçable ou imprimées pour travailler au crayon (imprimées en deux pages par feuille sur un 1/2 A4 c’est pas mal pour constituer un cahier d’écriture… j’y reviendrai) :

cahier d'écriture - page vierge cahier d’écriture cursive – page vierge.pdf

A relire cet article, je m’aperçois qu’il est relativement long… J’espère que tout ça n’est pas trop confus. Comme d’habitude, n’hésitez pas à me faire un retour, ce que vous trouvez pratique, ce qui peut être amélioré, ce que vous avez dû modifier pour l’adapter à votre pratique de classe, ce qui vous semble manquer, etc. En bref : je suis preneur !

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Valoriser les élèves – Le mur des bravos

Cette année, sur mon remplacement de première période, j’ai essayé un nouveau dispositif pour valoriser les élèves : le mur des bravos. Dans le principe c’est relativement simple, un coin du couloir est réservé pour afficher des photos des élèves en situation de réussite (avec description de la réussite associée) sous une pancarte Bravo ! avec coupe et médaille.

le-mur-des-bravos

J’ai fait le choix d’un affichage dans le couloir car si on (les enseignants) pratique tous la valorisation auprès de nos élèves à l’oral, la présence physique de ces photos dans le couloir permet à certains élèves de se valoriser auprès de leurs parents en les trainant au mur des bravos « viens voir » et à certains parents d’avoir la réponse à la fameuse question « qu’est-ce que tu as fait à l’école aujourd’hui ? » et de voir leur enfant en situation de réussite. Je trouve que c’est une bonne façon d’amener le positif de l’école à la maison. Dans le principe, c’est un peu le cahier de suivi… sauf que selon les disponibilités (et l’envie) des parents au retour à la maison, le cahier de suivi ne sera pas forcément ouvert, alors que le couloir de l’école est sous nos yeux. Dans l’idéal, il faudrait faire en doublon pour être sûr que l’info ait été vue.

Je reviens sur la description de la réussite sous l’image dont je parlais en introduction. C’est à mon avis un point important car il permet d’expliciter au parent en quoi cette réussite est remarquable. « J’ai réussi sans erreur. » ne suppose pas la même avancée que « J’ai réussi tout seul. ». Dans un cas on insiste sur l’exactitude du résultat (si je peux me permettre ce genre de phrase pour de la maternelle), dans l’autre on insiste sur l’autonomie.

En dehors de la valorisation vers l’élève (qui voit sa photo), vers les parents (qui voient la photo de leur enfant), j’ai aussi observé des élèves qui, parlant entre eux, se rappelaient de tel élève qui avait fait tel chose. On est donc sur une forme de valorisation entre pairs.

Les programmes 2015 de l’école maternelle nous disent :

L’école maternelle est une école bienveillante (…). Sa mission principale est de donner envie aux enfants d’aller à l’école (…). Elle s’appuie sur un principe fondamental : tous les enfants sont capables d’apprendre et de progresser.

C’est ce dernier point, qui reprend le principe d’éducabilité de Philippe Meirieu, qui a motivé ce mur des bravos : valoriser les réussites, mêmes minimes, pour que les élèves prennent confiance en leur capacité à réussir.

A mon sens on peut quasiment tout valoriser : celui ou celle qui connaît déjà une chanson que l’on n’a pas encore apprise, qui arrive à écrire son prénom, qui aide à ranger, qui dit toujours bonjour en arrivant, qui s’applique (même s’il n’a pas réussi !), qui a réussi un travail sur fiche, un coloriage, une construction, un puzzle, un algorithme, une roulade, celui ou celle qui en aide un autre, qui a réutilisé spontanément un des gestes graphiques vu en classe dans un de ses dessins, qui a expliqué une histoire, qui a réussi à mettre son manteau, etc.

A noter que si la valorisation est probablement plus bénéfique aux élèves en difficulté, ceux qui n’ont pas confiance en leur capacité à réussir et qu’on cherchera donc à valoriser prioritairement, il me semble obligatoire de valoriser aussi les « bons » élèves : eux aussi ont le droit de se sentir mis en avant.

le-mur-des-bravos

Le fichier (au format A4) à découper et plastifier est disponible ici : Je réussis – Le mur des bravos.pdf

 

Je deviens autonome – Je sais mettre mon manteau

Voici une idée reprise chez une collègue (merci Manu !) : un affichage dans le couloir qui montre où en sont les élèves dans leur autonomie avec la mise de manteau. Il s’agit d’utiliser un jeu de photos qu’on vient déplacer quand un élève passe un cap dans son autonomie. C’est aussi l’occasion de mettre en valeur cet événement auprès de l’élève concerné.

je-deviens-autonome-je-sais-mettre-mon-manteau

L’idée est d’offrir aux élèves une vision de leurs acquisitions en graduant la compétence, ici codée par un dessin. J’ai ici introduit trois niveaux :

  • Je sais mettre mon manteau avec un adulte.
  • Je sais mettre mon manteau tout seul.
  • Je sais attacher ma fermeture à glissière.

Dans l’absolu, le premier niveau « avec un adulte » ne fait pas de sens, ils savent tous mettre un manteau quand on les aide, mais je ne voulais pas laisser d’élève à part. Être en bas de l’escalier, c’est s’apprêter à le gravir.

Cet affichage permet aussi de donner une visibilité aux parents. Il ne s’agit pas, pour moi, de comparer son enfant aux autres, chacun grandissant à sa vitesse, mais ça donne une indication sur ce que peuvent faire les enfants d’une classe d’âge.

Détail pratico-pratique, j’utilise de la patafix pour les photos (plastifiées). Cela permet de le déplacer relativement aisément.

D’un point de vue plus école/programmes, j’ai eu un peu de mal à classer cet affichage en écrivant cet article. »Je sais mettre mon manteau », on est clairement en dehors des cinq domaines d’apprentissages définis dans les programmes 2015 mais le gain en autonomie et le cap symbolique pour nos jeunes élèves me semble important. D’ailleurs le Devenir élève des programmes de 2008 n’a pas vraiment disparu puisqu’à lire attentivement les programmes, on le retrouve de manière diffuse dans la définition même de l’école maternelle dans la première partie du B.O.

Le fichier consiste en trois pages format A4 à imprimer et plastifier : Je deviens autonome – Je sais mettre mon manteau.pdf

Les trois images au format jpg, si vous préférez les intégrer dans vos propres fichiers : Je deviens autonome – Je sais mettre mon manteau.zip

La maison des nombres – Je sais compter jusqu’à

Voilà un affichage que j’avais voulu tester il y a deux ans déjà mais que je n’avais pas eu le temps de mettre en place faute de temps : La maison des nombres !

L’idée est de profiter des jeux de dénombrement, des rituels de comptage ou de moments spécifiques¹ dans la journée pour proposer à quelques élèves de « compter le plus loin que tu sais compter ».

J’ai pu tester ça avec mes élèves de MS GS l’année dernière et ça a plutôt bien fonctionné. Je pense que c’est quelque chose que je mettrai à nouveau en place si j’ai des élèves de maternelle.

Affichage - Je sais compter jusqu'à

Cette maison des nombres permet à l’enseignant de situer visuellement et globalement la progression de ses élèves dans la construction de la comptine numérique ; de voir, individuellement, quels élèves ont besoin de plus de soutien pour construire leurs savoirs dans ce domaine. Dans une moindre mesure, cela permet aussi d’éviter les (chronophages) phases d’évaluations spécifiques de mi/fin d’année : il suffit de relever sur le tableau où l’élève se situe.

En ce qui concerne les élèves, j’ai constaté une forte émulation : ils sont nombreux à vouloir « compter le plus loin possible » (surtout si un copain a fait des progrès et les a « doublés »). J’ai aussi observé des élèves « s’entraîner » individuellement ou à plusieurs.

Je craignais un peu que les élèves les moins avancés prennent cet affichage de manière négative (i.e. « je suis le dernier » plutôt que « j’ai fait des progrès par rapport à la dernière fois ») mais je n’ai pas constaté telle chose. Je pense que c’est un point sur lequel il faut être vigilant en évitant d’instaurer une compétition entre les élèves. Je procédais généralement de la manière suivante :

  • Demander à un élève de compter « le plus loin qu’il sait compter ».
  • Arrêter l’élève si il « saute » un nombre ou si son discours devient incohérent (il se met à tourner en boucle).
  • Si l’élève est allé plus loin que la dernière fois, reprendre avec les autres avec quelque chose comme : « Vous avez vu, il était à 11 et maintenant il arrive à compter jusqu’à 15. On va tous compter de 11 jusqu’à 15 (déplacer la photo de l’élève au fur et à mesure). »
  • Si l’élève est arrivé au même endroit que la fois précédente, inviter la classe à compter jusqu’à X + 1 avec quelque chose comme : « Tu as compté jusqu’à 11. Après 11, il y a 12. On va tous compter jusqu’à 12 (montrer avec le doigt la position dans le tableau). »
  • Si l’élève est arrivé moins loin que la fois précédente, inviter la classe à recompter jusqu’à X avec quelque chose comme : « La dernière fois tu étais arrivé jusqu’à 11. On va tous recompter jusqu’à 11 (montrer avec le doigt la position dans le tableau). »

Pour fabriquer la maison des nombres, il faut :

  • Un tableau des nombres de 0 à 100. Voir le lien pour mon modèle ci-dessous. A imprimer en format A3 et à plastifier.
  • Des photos des élèves plastifiées.
  • De la bande velcro adhésive (préférable à une construction à base d’aimants car cela tient beaucoup mieux et on entend tout de suite si un élève « joue » avec les photos) :
    • Découper des petits carrés, côté crochet, et les coller dans les cases de la maison des nombres.
    • Découper des petits carrés, côté velours, et les coller au dos des photos.

Voici le lien vers mon modèle²Tableau des nombres de 0 à 100 – Je sais compter jusqu’à.pdf.

[1] Pour les élèves timides qui ne veulent pas compter devant les autres (en général c’est aussi ceux qui ne veulent pas chanter, dire une poésie ou expliquer quelque chose aux copains), les temps individuels comme l’accueil sont à privilégier.

[2] J’ai prévu des emplacement pour pouvoir mettre 4 photos par case mais cela rend l’affichage assez imposant sur la hauteur. Sur la photo, on peut voir que je m’étais arrêté à 69 faute de place.