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Algorithmes en perles

Mes élèves (GS) ont demandé à avoir des perles à disposition la semaine dernière pour faire des colliers. J’ai observé que :

  • quelques élèves font leurs colliers sans se préoccuper des couleurs
  • quelques élèves regroupent les couleurs (des rouges, puis des jaunes, puis des blanches, etc.)
  • quelques élèves utilisent une alternance de couleurs à deux tons (rouge, jaune, rouge, jaune, etc.)
  • aucun élève n’a utilisé une alternance à trois tons ou une alternance complexe (de type miroir)

Dans l’absolu j’aimerais que les procédures « je mets des perles au hasard parce que c’est cool de faire un collier » et « plein de jaunes, puis plein de rouges, puis plein de blanches, puis plein de … » soient abandonnées au profit des procédures plus complexes. L’idée est de leur offrir des modèles (au choix) à reproduire et qu’avec l’observation des colliers fabriqués en classe et l’expression des préférences de chacun on puisse tendre vers ça. Du coup, histoire d’avoir l’impression de produire quelque chose d’utile dans ce weekend livrets d’évals, j’ai fait des fiches modèles avec des algorithmes de couleur en perles :

  • alternance simple à deux couleurs (A B A B…)
  • alternance simple à trois couleurs (A B C A B C…)
  • alternance simple à quatre couleurs (A B C D A B C D…)
  • alternance avec miroir (A B C B A B C B…)
  • alternance avec miroir et doublement de la couleur du milieu (A B C C B A B C C B…)

Fiches algorithmes en perles

A noter que dans la mesure où on demande une reproduction de modèle on est plutôt dans une compétence de type positionner des éléments les uns par rapport aux autres (se repérer dans l’espace) que sur une compétence artistique avec un choix esthétique mais la finalité à viser me paraît bien celle-ci : prendre conscience que l’ordre apporte une forme d’esthétique.

Dès que j’ai cinq minutes je rajoute une alternance de formes pour complexifier l’ensemble. Pour l’heure c’est là : Perles – Algorithmes couleurs.pdf. A imprimer, massicoter et plastifier.

La minute de silence

J’avais plein de choses à mettre sur ce blog mais un peu de mal à m’y mettre. Et puis ça avait un petit goût de vain. Sans l’ivresse. Je ne vais pas revenir sur les événements, les conséquences et les lendemains. D’autres ont tellement tout dit et beaucoup mieux que moi.

J’en ai parlé avec mes enfants mais je ne voyais pas trop comment aborder la chose avec mes élèves. Je ne me voyais pas trouver les mots. Des mots justes. Des mots qui ne fassent pas peur. Des mots pour des gamins de 4 à 5 ans qui ont du mal à distinguer matin et après-midi, hier et demain. J’ai fait le choix de protéger l’insouciance de mes élèves, de les laisser dessiner sans qu’ils aient à s’inquiéter : je n’en ai pas parlé. La phrase est pompeuse mais l’idée était là.

Je me demande encore ce qu’il faut faire avec tout ça. Je crois que j’y reviendrai plus tard. Par le dessin. Tout simplement. Les programmes nous disent que nos élèves doivent être capables d’utiliser le dessin comme moyen d’expression et de représentation. Aujourd’hui, je regarde leurs dessins : on a du chemin. Tant mieux.

Aujourd’hui, j’ai regardé mes élèves : à 5 ans on n’est pas raciste. Je me demande si ça s’apprend, si ça pousse avec les petites aigreurs quotidiennes, si ça vient avec le goût de dénigrer l’autre pour se sentir mieux soi. Je me demande si tout ces trucs en -isme sont une réponse à un mal être ou si il y a autre chose. Je me demande.

Cinq jours après l’attentat, je dois avouer que, malgré les foules, je suis un peu inquiet pour demain. On va tâcher d’y croire. Pour nos enfants. Pour les enfants des autres. Et surtout : on va y travailler.

C’est (re)parti

C’est donc parti pour un nouveau blog.

Je me suis longtemps demandé si je devais faire un blog spécifique pour mon boulot et (garder) un autre pour les choses plus personnelles. Mais à quoi bon séparer, créer de la schizophrénie ordinaire (comprenne qui pourra) quand professeur et monsieur sont plus un que deux. J’ai d’ailleurs changé le titre de ce blog de « professeur & monsieur », à la Stevenson, à « professeur, monsieur ». La virgule, ça change tout.

Je réfléchis encore à la forme à donner à tout ça : professeur des écoles, papa, gribouilleur (du dimanche), lecteur (quand j’ai le temps), gratouilleur (pareil), encore vaguement coureur et plus vague encore pour ce qui touche à la photo. Comment, pour qui, pourquoi  et vraiment ? Le problème de la réflexion c’est qu’à force de se poser des questions on n’avance pas : je suis champion pour ça.

Ce blog, ça va sûrement être un joyeux fourre-tout entre école, photo, dessin, trail, diy et autres bricolages. Probablement plus d’école que du reste par moment et sûrement (mais hautement moins probablement) plus du reste que d’école à d’autres moments. Il est par contre absolument certain qu’il y aura des moments plein de rien, manque de temps oblige. Pour l’instant on va tâcher d’y croire.

Un copain m’a dit que, des fois, il faut se la jouer à l’américaine : d’abord on casse tout ; après on réfléchit. Pour le coup il me parlait des travaux dans sa maison mais l’idée est là. Du coup je publie cet article avant de changer encore d’idée. Go !